﻿﻿{"id":2855,"date":"2026-04-27T18:44:26","date_gmt":"2026-04-27T16:44:26","guid":{"rendered":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/pedro-de-ayala-sa-lettre-chiffree-de-1498-enfin-decodee\/"},"modified":"2026-04-27T18:44:26","modified_gmt":"2026-04-27T16:44:26","slug":"pedro-de-ayala-sa-lettre-chiffree-de-1498-enfin-decodee","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/pedro-de-ayala-sa-lettre-chiffree-de-1498-enfin-decodee\/","title":{"rendered":"Pedro de Ayala &#8211; Sa lettre chiffr\u00e9e de 1498 enfin d\u00e9cod\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p>Adrian William Jaime, Valeria Tapia Cruz et Mairi Cowan, 3 chercheurs de l&#8217;Universit\u00e9 de Toronto, viennent de boucler l<strong>e d\u00e9chiffrement complet d&#8217;une lettre<\/strong> que personne n&#8217;avait jamais r\u00e9ussi \u00e0 lire en entier depuis sa red\u00e9couverte en 1860. C&#8217;est<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.schneier.com\/blog\/archives\/2026\/04\/medieval-encrypted-letter-decoded.html\">Bruce Schneier qui relaye l&#8217;info sur son blog<\/a><br \/>\n, et c&#8217;est pil poil une histoire qui prouve que l&#8217;infosec ne date pas d&#8217;hier.<\/p>\n<p>La lettre fait 11 pages, elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite \u00e0 Londres le 25 juillet 1498 par Pedro de Ayala, un noble de Tol\u00e8de en mission diplomatique en Angleterre pour le compte de Ferdinand d&#8217;Aragon et Isabelle de Castille.<\/p>\n<p>Pour emp\u00eacher les rivaux de la lire si jamais elle se faisait intercepter en chemin, Ayala a alors chiffr\u00e9 une partie du texte avec un syst\u00e8me de symboles maison o\u00f9, vice ultime du gars, plusieurs symboles diff\u00e9rents pouvaient repr\u00e9senter la m\u00eame lettre.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/korben.info\/cdn-cgi\/image\/width=1200,fit=scale-down,quality=90,f=avif\/pedro-ayala-lettre-chiffree-1498-decodee\/pedro-ayala-lettre-chiffree-1498-decodee-1.webp\" alt=\"\" loading=\"lazy\"><\/p>\n<p><strong>Premi\u00e8re page de la lettre<\/strong><\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, la table de fr\u00e9quences classique, celle qui marche sur les chiffres mono-alphab\u00e9tiques basiques, ne donnait donc rien de propre. Voil\u00e0 pourquoi la chose a tenu 165 ans face \u00e0 des historiens qui s&#8217;y cassaient les dents les uns apr\u00e8s les autres.<\/p>\n<p>Mais notre petite \u00e9quipe de Toronto a fini par reconstruire la cl\u00e9 enti\u00e8re, symbole par symbole, et a publi\u00e9 la transcription compl\u00e8te dans<br \/>\n<a href=\"https:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/10.1111\/rest.70019\">Renaissance Studies<\/a><br \/>\nen libre acc\u00e8s.<\/p>\n<p>Et faut dire qu&#8217;une fois le texte en clair, le contenu vaut largement le travail !<\/p>\n<p>En effet, Pedro de Ayala fait \u00e0 ses souverains un brief politique cash sur l&#8217;\u00e9tat de la Grande-Bretagne. Sur Jacques IV d&#8217;\u00c9cosse, il balance que le mec parle latin, fran\u00e7ais, allemand, flamand, italien, espagnol et probablement ga\u00e9lique, qu&#8217;il d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0<em>une langue que les sauvages parlent dans une certaine partie de son royaume<\/em>\u00a0\u00bb. Charmant.<\/p>\n<p>Sur les \u00c9cossaises, c&#8217;est encore mieux : \u00ab\u00a0<em>Les femmes sont tr\u00e8s courtoises \u00e0 l&#8217;extr\u00eame. Je dis cela parce qu&#8217;elles sont tr\u00e8s audacieuses. Elles sont les gouvernantes absolues de leurs maisons.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et sur Henri VII d&#8217;Angleterre, l&#8217;envoy\u00e9 espagnol ne m\u00e2che pas ses mots : \u00ab\u00a0<em>Il n&#8217;est pas aim\u00e9 du tout, la reine en revanche est beaucoup aim\u00e9e parce qu&#8217;elle peut faire peu.<\/em>\u00a0\u00bb. Avec ce qu&#8217;il balance, je comprends que ce diplomate ait bien boss\u00e9 son chiffrement.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/korben.info\/cdn-cgi\/image\/width=1200,fit=scale-down,quality=90,f=avif\/pedro-ayala-lettre-chiffree-1498-decodee\/pedro-ayala-lettre-chiffree-1498-decodee-2.png\" alt=\"\" loading=\"lazy\"><\/p>\n<p><em>Pedro, \u00e0 fond dans le chiffrement !<\/em><\/p>\n<p>Le bonus historique, c&#8217;est que la lettre confirme aussi le voyage transatlantique de Jean Cabot l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, avec une remarque assez piquante adress\u00e9e \u00e0 Ferdinand et Isabelle : \u00ab\u00a0<em>ce qu&#8217;ils ont trouv\u00e9 ou cherchent est ce que Vos Altesses poss\u00e8dent.<\/em>\u00a0\u00bb Traduction polie : les Anglais sont en train de venir mettre les pieds dans votre pr\u00e9 carr\u00e9 am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>La lettre originale, num\u00e9ris\u00e9e, est consultable directement dans les<br \/>\n<a href=\"https:\/\/pares.mcu.es\/ParesBusquedas20\/catalogo\/show\/2207889\">archives espagnoles<\/a><br \/>\nsi vous voulez voir \u00e0 quoi ressemble du chiffrement diplomatique fait main au XVe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Le truc qui me fait marrer dans cette affaire, c&#8217;est de r\u00e9aliser que les principes du chiffrement par homophones, le fait d&#8217;utiliser plusieurs symboles pour la m\u00eame lettre afin d&#8217;aplatir la fr\u00e9quence d&#8217;apparition, ce sont exactement les bases sur lesquelles ont \u00e9t\u00e9 pens\u00e9es plus tard les machines comme Enigma.<\/p>\n<p>Pedro de Ayala, en 1498, faisait d\u00e9j\u00e0 sans le savoir un peu de cryptanalyse-resistant design. Et 5 si\u00e8cles plus tard, il aura fallu trois universitaires et probablement des outils informatique que lui n&#8217;aurait jamais pu imaginer pour casser sa petite combine.<\/p>\n<p>Trop fort Pedro !!<\/p>\n<p>Source :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.medievalists.net\/2026\/04\/secret-letter-detailing-late-medieval-britain-fully-decoded\/\">Medievalists.net<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Adrian William Jaime, Valeria Tapia Cruz et Mairi Cowan, 3 chercheurs de l&#8217;Universit\u00e9 de Toronto, viennent de boucler le d\u00e9chiffrement complet d&#8217;une lettre que personne n&#8217;avait jamais r\u00e9ussi \u00e0 lire en entier depuis sa red\u00e9couverte en 1860. C&#8217;est Bruce Schneier qui relaye l&#8217;info sur son blog , et c&#8217;est pil poil une histoire qui prouve que l&#8217;infosec ne date pas d&#8217;hier. La lettre fait 11 pages, elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite \u00e0 Londres le 25 juillet 1498 par Pedro de Ayala, un noble de Tol\u00e8de en mission diplomatique en Angleterre pour le compte de Ferdinand d&#8217;Aragon et Isabelle de Castille. Pour emp\u00eacher les rivaux de la lire si jamais elle se faisait intercepter en chemin, Ayala a alors chiffr\u00e9 une partie du texte avec un syst\u00e8me de symboles maison o\u00f9, vice ultime du gars, plusieurs symboles diff\u00e9rents pouvaient repr\u00e9senter la m\u00eame lettre. Premi\u00e8re page de la lettre Par cons\u00e9quent, la table de fr\u00e9quences classique, celle qui marche sur les chiffres mono-alphab\u00e9tiques basiques, ne donnait donc rien de propre. Voil\u00e0 pourquoi la chose a tenu 165 ans face \u00e0 des historiens qui s&#8217;y cassaient les dents les uns apr\u00e8s les autres. Mais notre petite \u00e9quipe de Toronto a fini par reconstruire la cl\u00e9 enti\u00e8re, symbole par symbole, et a publi\u00e9 la transcription compl\u00e8te dans Renaissance Studies en libre acc\u00e8s. Et faut dire qu&#8217;une fois le texte en clair, le contenu vaut largement le travail ! En effet, Pedro de Ayala fait \u00e0 ses souverains un brief politique cash sur l&#8217;\u00e9tat de la Grande-Bretagne. Sur Jacques IV d&#8217;\u00c9cosse, il balance que le mec parle latin, fran\u00e7ais, allemand, flamand, italien, espagnol et probablement ga\u00e9lique, qu&#8217;il d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0une langue que les sauvages parlent dans une certaine partie de son royaume\u00a0\u00bb. Charmant. Sur les \u00c9cossaises, c&#8217;est encore mieux : \u00ab\u00a0Les femmes sont tr\u00e8s courtoises \u00e0 l&#8217;extr\u00eame. Je dis cela parce qu&#8217;elles sont tr\u00e8s audacieuses. Elles sont les gouvernantes absolues de leurs maisons.\u00a0\u00bb Et sur Henri VII d&#8217;Angleterre, l&#8217;envoy\u00e9 espagnol ne m\u00e2che pas ses mots : \u00ab\u00a0Il n&#8217;est pas aim\u00e9 du tout, la reine en revanche est beaucoup aim\u00e9e parce qu&#8217;elle peut faire peu.\u00a0\u00bb. Avec ce qu&#8217;il balance, je comprends que ce diplomate ait bien boss\u00e9 son chiffrement. Pedro, \u00e0 fond dans le chiffrement ! Le bonus historique, c&#8217;est que la lettre confirme aussi le voyage transatlantique de Jean Cabot l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, avec une remarque assez piquante adress\u00e9e \u00e0 Ferdinand et Isabelle : \u00ab\u00a0ce qu&#8217;ils ont trouv\u00e9 ou cherchent est ce que Vos Altesses poss\u00e8dent.\u00a0\u00bb Traduction polie : les Anglais sont en train de venir mettre les pieds dans votre pr\u00e9 carr\u00e9 am\u00e9ricain. La lettre originale, num\u00e9ris\u00e9e, est consultable directement dans les archives espagnoles si vous voulez voir \u00e0 quoi ressemble du chiffrement diplomatique fait main au XVe si\u00e8cle. Le truc qui me fait marrer dans cette affaire, c&#8217;est de r\u00e9aliser que les principes du chiffrement par homophones, le fait d&#8217;utiliser plusieurs symboles pour la m\u00eame lettre afin d&#8217;aplatir la fr\u00e9quence d&#8217;apparition, ce sont exactement les bases sur lesquelles ont \u00e9t\u00e9 pens\u00e9es plus tard les machines comme Enigma. Pedro de Ayala, en 1498, faisait d\u00e9j\u00e0 sans le savoir un peu de cryptanalyse-resistant design. Et 5 si\u00e8cles plus tard, il aura fallu trois universitaires et probablement des outils informatique que lui n&#8217;aurait jamais pu imaginer pour casser sa petite combine. Trop fort Pedro !! Source : Medievalists.net<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2856,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"give_campaign_id":0,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_kadence_starter_templates_imported_post":false,"footnotes":""},"class_list":["post-2855","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"campaignId":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2855","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2855"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2855\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2856"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/elearningsamba.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2855"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}